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    November 28

    Le monde de mes nuits

     
    Il est trois heures du matin
    Un tohu-bohu dans ma tête
    Dans mon esprit ça va ça vient
    Un peu partout cela rouspète
     
    Mais d'où sortent donc tous ces gens ?
    Ils parlent fort en même temps
    Ont tous des avis divergents
    Je n'en peux plus de ce boucan !
     
    Juste à la porte de mes rêves
    M'empêchant d'en franchir le seuil
    Ils se relaient et ce sans trêve
    Pour que je ne ferme pas l'oeil !
     
    J'ai beau les chasser ils reviennent
    Jusqu'aux fantômes du passé
    Qui chantent "A la tienne Etienne"
    A tue-tête et sans se lasser !
     
    J'essaie de ne penser à rien
    Mais rien c'est déjà quelque chose
    Je me lève et brise le lien
    Avant que la mienne n'explose
     
    Me voilà devant le papier
    Comme ma mine il est mâché
    Je regarde mon oreiller
    Très déçu que je l'ai lâché
     
    Alors dans le lit de mes mots
    J'enferme vite ce beau monde
    En espérant si j'ai du pot
    Qu'il cessera enfin sa ronde !
     
     

       

     

    November 26

    Lueur

     
    Les reflets des hiers s'estompent doucement
    Tout le clair s'obscurcit inexorablement
    Pourtant je vois là-haut tout près du firmament
    La lueur obstinée de mes espoirs déments
     
    Elle résiste aux vents tempêtes et cyclones
    Sans doute protégée d'un voile d'illusions
    Mon regard est heureux d'accepter son aumône
    Qui m'offre tant et tant de belles évasions
     
    Les ombres des hiers à leur tour s'éliminent
    Anéanties par la trop petite étincelle
    Il suffirait d'un rien pour qu'elle s'illumine
    Eclairant mon chemin des joies qu'elle recèle
     
    Je me contenterai de son scintillement
    Gardant les yeux ouverts jusqu'au dernier moment
    Lorsqu'elle s'éteindra là-haut au firmament
    Je m'en irai avec tous mes espoirs déments
     
     
     

      

     

    November 24

    Cernes

     
    Le regard fatigué
    Et le moral en berne
    Je ne peux endiguer
    Tous les maux qui me cernent
     
    Au temps de la jeunesse
    On ne se rend pas compte
    Que la foutue vieillesse
    A sévir est bien prompte
     
    L'esprit reste lucide
    C'est là où le bât blesse
    Il encaisse les rides
    Et les mots qui agressent
     
    Tous ceux qu'on croyait proches
    Sont presque inaccessibles
    Où deviennent re proches
    Devant les "Impossibles"
     
    Qu'ils ne comprendront pas
    C'est ce que je souhaite
    Si jusqu'à leur trépas
    Leur vie n'est qu'une fête
     
    Je deviens philosophe
    C'est bien mieux n'est-ce pas ?
    J'oublie les apostrophes
    Et j'avance à mon pas
     
    Les deux mains en avant
    Je caresse la vie
    Les demains décevants
    N'en sont pas très ravis
     
    Dès ce vent qui se lève
    Sitôt je m'emmitoufle
    Dans le manteau du rêve
    Avant le dernier souffle
     
    La plume est fatiguée
    Le papier est en berne
    Il ne peut endiguer
    Tous les mots qui le cernent
     

       

    November 18

    A naguère comme à naguère

     
    Déjà publié mais largement revu !
    A l'ombre des ormaies
    Ma mie mes mains tenant
    J'oublie ça désormais
    En pauvres maintenant
     
    Quand je dis déjà mais
    Devant les lents demains
    Connaîtrai-je jamais
    Quelques beaux lendemains ?
     
    Si pleins "d'Ô reine" avant
    Mes poèmes d'alors
    Sont loin dorénavant
    De ressembler à l'or
     
    Visage sur beau cou
    Elle marchait devant
    Ça me plaisait beaucoup
    Il n'y a plus de vent
     
    Je suis toujours derrière
    Et je pense autrement
    Je déconsidère hier
    Parce que l'autre ment
     
    Chercher la panacée
    La vie de joie n'a guère !
    J'avoue j'en ai assez !
    Etait-ce mieux naguère ?
     

      

    November 17

    Miss terre

     
    Au bord de cette mer tu étais merveilleuse
    Je me courbais devant tes courbes fabuleuses
    Ce ne sont là bien sûr que des souvenirs vagues
    Qui troublent mon esprit alors que je divague
     
    Mais une fois la mer démontée et rangée
    Alors que je croyais que c'était arrangé
    Dès que s'éloignait le beau ciel orangé
    Nous, nous nous retrouvions comme des étrangers
     
    A la montagne aussi cela tombait à pic !
    Quand nous nous délassions dans les lacets magiques
    J'en enlevais les tiens nous étions encordés
    Et nous n'avons jamais été désaccordés
     
    Mais ma foi sous le vent la montagne a souri
    Et déçu je l'ai vue accoucher de souris
    J'ai eu beau m'essouffler et m'esquinter la moelle
    Nos sommets goguenards n'ont pas bougé d'un poil.
     
    Et une fois rentré au beau milieu des terres
    Terminus on descend ! Envolés tes mystères !
    Pour comble ils me laissaient la mine déterrée
    Bien forcé d'atterrir tant j'étais atterré !
     

      

    November 16

    Maux à la chaîne

     
    Déjà publié
    Entre pluie et soleil
    Entre pépins et chance
    Entre songe et réveil
    Entre larmes et danse
     
    Dans cette vie rompue
    Par tout ce temps qui passe
    Le bonheur est perdu
    Eperdu je m'en lasse
     
    M'enlaçait-il pourtant
    Il avait de la place !
    Mais s'écoule le temps
    Me laissant mes hélas
     
    Et l'astre peut briller
    Je ne vois qu'en ma nuit
    L'étoile scintiller
    D'un éclat qui me nuit
     
    Nu il est là pourtant
    L'amour enseveli
    Cupidon s'arc-boutant
    Mon coeur est démoli
     
    Des mots libérateurs
    Me viennent à l'esprit
    Et de ce Jean qui pleure
    Me voici Jean qui rit
     
    Qui rime et versifie
    Voulant chanter la femme
    Mais fol est qui s'y fie
    Où donc est le sésame ?
     
    Ses âmes si bien nées
    Que le temps avaleur
    Absorbe mortes nées
    Et ce bien avant l'heure
     
    Leurre si maléfique
    Où rose n'est qu'épines
    Et comme cela pique
    Je reste misogyne
     

      

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    November 15

    Paris, un square, un banc

     
    Déjà publié
    Paris, un square, un banc
    Le décor est dressé
    Du gravier des enfants
    Un air un peu vicié
     
    Le gardien qui surveille
    Et les mamans aussi
    Des gamins qui s'égayent
    Et qui sont sans souci
     
    Toujours à la même heure
    Voilà le petit vieux
    Au bras de son bonheur
    Ils ont l'air si heureux
     
    Ils s'asseoient sur le banc
    Tous les deux silencieux
    Ecoutant les enfants
    Et tous leurs cris joyeux
     
    Un petit peu plus tard
    Ce sont les amoureux
    Le public se fait rare
    Et Brassens est heureux
     
    A l'écart le clochard
    Tente bien de cacher
    Le litre de pinard
    Qui va le réchauffer
     
    Une larme lui vient
    Quand il voit le spectacle
    Il plonge dans le vin
    Y noyant sa débâcle
     
    Un enfant s'en approche
    Une pièce à la main
    Il la met dans sa poche
    Remercie le bambin
     
    Celui-ci lui sourit
    On peut l'entendre dire
    "Tu sais maman j'ai pris
    Dedans ma tirelire."
     
    Paris, un square, un banc
    Le décor irradié
    Du gravier, des enfants
    Et un air moins vicié
     

        

    November 14

    Mes pas en noir et blanc

     
    Déjà publié
    J’ai vécu en couleurs
    Mourrai en noir et blanc
    Le pinceau de mon coeur
    Usant de faux-semblants
    S'acharne à recouvrir
    L'ombre qui veut venir
    Et qui semble tenir
    Cette faux sans blanchir
     
    Le rouge de mon sang
    Masque mes idées noires
    Mon teint un peu trop blanc
    Se maquille d'espoir
    Dans le bleu de tes yeux
    La vie vient me sourire
    A moi le petit vieux
    Qui ne veut pas mourir
     
    L'espérance est en vert
    Le réel est en prose
    Mais l'endroit vaut l'envers
    Et si belle est la rose !
    Ta peau aime mes vers
    La mienne les déteste
    Et je repeins en vert
    La fin que je conteste
     
    Les teintes délavées
    S'effacent peu à peu
    Je veux les relever
    De l'ardeur de mon feu
    Mais je dois faire vite
    Le noir et blanc m'en veut
    Il faut donc que j'évite
    Que l'on m'appelle feu
     
    Viens rendre à ma palette
    Les tons multicolores
    Que nous fassions la fête
    De longs moments encore
    Et je peindrai ton coeur
    A mon coeur ressemblant
    Transformant en couleurs
    Mes pas en noir et blanc
     

       

    November 11

    Esprit monte-en-l'air

     
    J'ai refermé d'un tour de plus cette serrure
    Pourquoi sortir et pour se diriger vers où ?
    Mon esprit enfermé assoiffé d'aventures
    Prend mon imagination pour un passe-partout !
     
    Apparaît aussitôt un très beau rossignol
    Et délaissant le lac arrive un bec de cane
    Serrure crochetée mon subconscient s'envole
    Bon gré mal gré je suis, de peur qu'il ne ricane !
     
    La porte est oubliée surgissent les images
    Le passé réveillé en se gaussant s'enclenche
    Et les peines d'antan aux vétustes rouages
    Ne gâchent plus le rêve et cette feuille blanche
     
    Mais les mots arrimés au port me font la tête
    Me disant que sans eux je dois me débrouiller
    Je sens bien que mon coeur va me faire la tête
    Je ne peux lui offrir que quelques vers rouillés !
      
    La chanson qui accompagnait ce texte
    était "Fais comme l'oiseau"
    interprétée par Michel Fugain & Le Big Bazar
    November 10

    Le radeau qui méduse...

     
    Je regarde mes mots ils ont l'air mal en point
    L'espoir qui les guidait les tenant en éveil
    Appareilla soudain emportant son soleil
    Et les lettres usées brillent de moins en moins
     
    Comme ils n'acceptent plus le moindre maquillage
    Ils sont là résignés ne voulant plus franchir
    Le bec de cette plume et je sens bien blanchir
    L'écume qui sortait de leur ancien sillage
     
    Si je relève l'encre en de fausses couleurs
    Les phrases aussitôt paraissent gribouillage
    Leur bateau dépourvu de tout accastillage
    Va sombrer dans l'amer d'un océan de pleurs
     
    Il est temps je le crois qu'ils s'arriment au port
    Et qu'ils ne rêvent plus de mers inaccessibles
    S'arrangeant d'un passé radeau insubmersible
    Qui n'aborda jamais quelconque île au trésor
     

        

    La chanson qui accompagnait ce texte était
    "Le bateau blanc" interprétée par Jean-Claude Pascal
    November 09

    Amours se suivent

     
    Déjà publié
    La moue remords
    L'amour est mort
    Coeurs mal aimant
    Ecoeurement
    Cafard brassé
    Les bras cassés
    Rêve en volée
    Eve envolée
    L'âme ouragan
    Bonjour Sagan
    Adieu caresses
    Bonjour tristesse
     
    La moue s'en va
    L'amour est là
    Choeur des amants
    A coeurs chantants
    Vie embrassée
    Les bras vissés
    Rêve éperdu
    Eve est venue
    L'âme ouragan
    Adieu Sagan
    Bonjour caresses
    Adieu tristesse
     
    Un jour sans rien
    Un jour chagrin
    Un jour ça va
    Un jour de joie
    Un jour sans toi
    Un jour sans toit
    Un jour émoi
    Un jour et toi
    Un jour blessant
    Un jour onguent
    Un jour détresse
    Un jour ivresse 
      
    La chanson qui accompagnait ce texte était
    "Bd of broken hearts"
    interprétée par Diana Krall
    November 08

    Mur

     
    J'ai de maintes fois fait le mur
    En d'agréables occasions
    Etre enfermé la chose est sûre
    Ne m'incitait qu'à l'évasion
     
    Maintenant que je suis trop mûr
    Qu'occasions ne sont qu'occasions
    Je me dis que la chose est sûre
    Le rêve est ma seule évasion
     
    Je suis coincé dans mon armure
    Et je n'ai pas une occasion
    Car je n'ai pas même l'art mûr
    Pour m'offrir la belle  évasion
     
    Je suis là entre quatre murs
    Prêt à sauter sur l'occasion
    Je n'entends pas même un murmure
    M'appelant vers cette évasion
     
    Cette gifle me claquemure
    Mais j'en souris à l'occasion
    En tout cas une chose est sûre
    J'aurai mon ultime évasion !
     
     

       

    November 07

    Monologue

     
    Déjà publié
    Pleure ami pleure donc si cela te soulage
    Mais ne regrette rien surtout pas tes mirages
    Rappelle-toi l'ami et rouvre tes bagages
    Tous ceux qui pleins de joie t'invitaient au voyage
     
    Revêts donc tes habits éclatants de lumière
    Celle-ci dans tes yeux rendait ta mine altière
    Regarde ton présent comme il a fière allure
    Puisque tu es guéri des anciennes brûlures
     
    Ne cherche plus l'ami la compagne idéale
    Vis ta vie comme avant retrouve ton mental
    Tu allais conquérant on te dirait vaincu
    Comme si tu voulais recopier ton vécu
     
    Ce qui est fait est fait ne recommence pas
    Laisse donc le destin prendre soin de tes pas
    Regarde il te sourit t'en es-tu aperçu ?
    Mais ne dis jamais plus : " Bon sang si j'avais su !"
     
    La chanson qui accompagnait ce texte
    était "Yes we did"
    interprétée par Rose
    November 06

    Sur mon nuage

     
    Je vis sur un nuage et n'en descendrai plus
    La brume m'entourant me rend très épanoui
    Et lorsqu'il crèvera bien sûr il aura plu
    Toute mon eau de là se sera évanouie
     
    D'où je suis je contemple envieux le soleil
    Qui n'a pas su briller aux moments opportuns
    Je lui vole un rayon à nul autre pareil
    Où je range un à un mes trop frileux matins
     
    La nuit discrètement je chaparde une étoile
    Qui vient me protéger restant à mon chevet
    La lune quelquefois vient m'emprunter mon voile
    Je la vois s'embellir quand elle s'en revêt
     
    Je déjeune au matin près de la voie lactée
    De ce joli croissant que la lune a laissé
    J'attaque la journée calme et décontracté
    Dans un ciel bleu ou gris où je sais me glisser
     
    N'est-il pas très bizarre étant sur mon nuage
    Que me soient étrangers de la vie les mystères
    Et qu'après avoir pris contre mon gré de l'âge
    Je constate que j'ai enfin les pieds sur terre ?
      
    La musique qui accompagnait ce texte
    était "Nuages" par Django Reinhardt
    November 05

    Clopin-clopant

     
    Déjà publié
    Je ne veux surtout pas que mes rêves s'envolent
    Qui donc veut enfermer mon âme bâtie folle ?
    Comme je suis mutin je vais me mutiner
    Pour permettre au lutin d'encore lutiner
     
    Mon coeur avait des yeux je ne le savais pas
    Il est né cécité et ainsi fit sa loi
    Je viens de lui offrir de très belles lunettes
    Mon âme batifole et mes songes m'entêtent
     
    La tête dans tout ça est un peu rabat-joie
    Le corps qui la soutient ne faisant plus la loi
    Je ne veux surtout pas qu'elle aussi se maquille
    J'ai doté mes années de solides béquilles
     
    Vous me verrez passer un peu clopin-clopant
    Même si mon soleil n'est plus tant dans le vent
    Y'a plus de souvenirs au coeur qui s'amoncellent
    Car c'est au temps futur que je veux qu'il chancelle
     
    Si vous apercevez toujours clopin-clopant
    Dans le corps vieillissant passer le coeur d'enfant
    Sachez qu'il voit la vie filer à tire-d'aile
    Mais il aime toujours le vol des hirondelles
     

       

    La chanson qui accompagnait ce texte
    était "Clopin-clopant"
    interprétée par Yves Montand
    November 04

    Mots doux en novembre

     
    Déjà publié
    Je caresse une idée c'est tout ce qui me reste
    Je frôle une pensée mais elle devient leste
    J'embrasse une opinion qui était là sur rue
    Elle me gifle alors je sais c'était couru !
     
    J'écoute du Bécaud finis par m'en lasser
    Je sors pour prendre l'air mais la bise est passée
    M'aventure au tripot j'en ai la tripe ôtée
    Un basque à la télé en train de peloter !
     
    En retournant chez moi le vent fait des papouilles
    Ne vous inquiétez pas ça rime avec chatouilles
    La solitude est là comme une sangsue elle
    "Toi tu ne veux qu'être un"  voici ce qu'elle bêle !
     
    La vérité est nue sitôt elle me blesse
    Je suis seul je subis un moment de faiblesse
    Ça n'arrive qu'à l'un quand l'autre n'est pas là
    Pourquoi vient en brassée le cafard que voilà ?
     
    Je ne me sens pas bien je ne suis pas à l'aise
    Je m'enfuirais bien loin même jusqu'au Zambèze
    Soudain tu apparais et entre dans ma geôle
    N'y aurait-il donc pas que les geais qui cajolent ?
      
    La chanson qui accompagnait ce texte
    était "Sombras" interprétée par Luz Casal
    November 03

    Cette nuit blanche j'ai fini par l'adorer

     
    Une ronde est venue égayer ma nuit blanche
    Chassant la noire ambiance en train de s'installer
    La musique m'accroche et mon âme s'épanche
    Ecartant les soupirs qui avaient déferlé
     
    Je sens à ma portée la belle clé des songes
    Je m'y laisse tomber car tu m'es apparue
    Je rejette le blues qui lentement me ronge
    Me plongeant dans le rêve au hasard de ses rues
     
    Je plaque désaccords qui m'ont bouleversé
    Ainsi que les rancoeurs qui m'avaient habité
    J'oublie les seins faux nids de mes espoirs passés
    Et mon corps reposé s'en étonne alité
     
    Le sommeil aussitôt se met au diapason
    Pour que j'atteigne enfin la fugue à l'horizon
    Mon coeur en harmonie en sort de sa prison
    Et je finis ma gamme au vert de ma raison !
      
    La chanson qui accompagnait ce texte 
    était "Corcovado" interprétée
    November 01

    Rétro viseur !

     
    Il reste dans son coeur des traces de pas sages
    Quelques autres aussi qui l'étaient un peu moins
    En des moments volés qui semblent d'un autre âge
    Mais qui dans ses pensées ne sont jamais très loin
     
    S'il a depuis longtemps recouvert les ornières
    D'une route plus lisse à une seule voie
    Il parcourt quelquefois les sentiers des hiers
    Afin d'y retrouver les parfums de l'émoi
     
    Et renaissent ainsi une à une ces fleurs
    Qui ont tant embelli ces chemins familiers
    Chacune fait revivre un à un ces bonheurs
    Qu'il n'aura jamais pu tout à fait oublier
     
    Il toise le miroir qui lui fait laide face
    Il sort de son regard les superbes reflets
    Qui font que la psyché tout aussitôt se glace
    Si bien que disparaît l'horrible camouflet
     

      

     

     

    October 31

    Egérie (Et pourtant ce n'est pas très drôle !)

     
    Déjà publié
    mais de plus en plus
    d'actualité !!!
    Me servant de mes mots comme méthode Coué
    Je m'y suis accroché mirifique bouée
    Le remède illusoire a cessé d'opérer
    Comment pourrais-je y croire et toujours espérer ?
     
    Leur pouvoir salutaire a dû perdre sa force
    Or il n'y a plus rien dessous leur belle écorce
    Si ce n'est qu'illusions et nouvelles chimères
    Cette constatation m'en devient très amère
     
    A bas masques menteurs au diable carnaval
    Comment puis-je à ce leurre accorder mon aval ?
    Vais-je écrire des vers qui viendront me ronger ?
    J'espère avoir le temps encore d'y songer !
     
    Egérie de te voir si belle en ton mouroir
    Ne parvient même plus ce jour à m'émouvoir
    Tu es tant irréelle et tant parfaite aussi
    Que je suis devenu bien trop à ta merci
     
    Médusé par la muse amusée de m'user
    Je vais m'en séparer et la mettre au musée
    Et ces moments momies qui me faisaient rêver
    En les désembaumant je vais me relever
     
    Mais je continuerai à noircir le papier
    Je sèmerai aigri à la volée les pieds
    Je m'en garderai deux pour qu'ils restent sur terre
    Afin de soutenir mon âme solitaire
     

       

    October 30

    Sauvetage

     
    Déjà publié
     Ô ce court intermède au milieu du naufrage
    A ramené l'allant oublié d'un autre âge !
    Au secours un tiers m'aide à voir le paysage
    En ramant à l'aller m'invitant au voyage
     
    Est-ce haut est-ce bas qu'est le moral ce soir ?
    A l'aide de ses yeux je perce enfin le noir
    Sa tendresse capée chapeaute mes espoirs
    Et me voici sauvé car je peux enfin voir
     
    La boue est rejetée je peux enfin nager
    Ce n'est pas de bonne heure or je veux bien plonger
    Car même si je coule il faudra émerger
    Retrouver le soleil finir à l'ombre âgé
     
    Tout ceci n'est que rêve il faut que je me pousse
    Car je ressens souvent à mes arrêts secousses
    Mais le songe insistant je vois la délivrance
    Ce poème aurait dû au moins être à six stances !
      
    La musique qui accompagnait ce texte
    était "Take five" interprétée par The Dave Brubeck Quartet